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Écrit par WEBMASTER TROOSPEANET   
Mardi, 12 Avril 2005 19:50

Voici notre projet de dico. Plusieurs Troospeanautes y participent, toutes les contributions seront les bienvenues. Nous cherchons à recenser les mots et expressions encore d’un usage courant.

 

Vous constatez que certains mots sont très récents. Nous ne mentionnerons pas les mots qui diffèrent du français uniquement par leur prononciation régionale (exemple : un "batin" pour un "bâton".. le son "on" n'existe pas en parler vendéen). Par contre, nous recherchons les mots "français" qui ont un sens différent ou spécifiques en Vendée (exemple "grand" dans les expressions "avoir grand chaud" ou "avoir grand soif" .
Vous pourrez nous signaler un mot ne figurant pas dans le dico, préciser le sens d’un mot etc, apporter un commentaire.
Précisez bien votre nom, la zone dans laquelle ce mot est en usage

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Mise à jour le Jeudi, 26 Avril 2012 09:03
 

Commentaires

avatar SOMMIER Daniel
+2
 
 
Commentaire sur le mot Buffer (souffler) de votre dico
Il est exact car j'habite dans le nord du 41 au sud du perche une ferme qui s'appelle la BUFFETIERE (ou la BUFFIERE sur le cadastre)
Je vous garantis qu'elle est bien ventée et un ancien m'avait donné cette traduction du vent qui souffle
A l'inverse,on trouve ailleurs la traduction de Buffetière par serveuse de buffet Je n'y crois pas
Bravo pour votre travail
avatar Moreau
+3
 
 
Allez sur la Boulite du Web. Vous avez la chanson" Ol a buffé"
avatar MAINDRON Aurélien
-1
 
 
Je ne comprends pas : si le son "on" n'existe pas, pourquoi dire un rôlon (pour un barreau de barrière ou d'échelle), un chalon (un plant de choux verts) ou encore nondorrer (nettoyer) ?
Très beau projet.
avatar WEBMASTER TROOSPEANET
+2
 
 
Pour Aurélien : rolon est la francisation de "rolun". Personnellement, je ne l'ai j'amais entendu prononcer ainsi.
avatar Sourisseau
+4
 
 
Dans l'inventaire suivant apparaissent des mots comme "clisse" "travouil" "jarosse" "un tenailler"

Cet inventaire se fait le 2 juin 1847, de 8 heures 30 du matin jusqu'à 6 heures 30 du soir, en présence :
 du notaire, Maître Richard des Herbiers,
 de Pierre Soulard, cultivateur demeurant à la métairie du Bourg, commune du Petit Bourg des Herbiers,
 et de Jean Guilloteau, demeurant à la Rousselière, commune du Boupère.

Tout va être répertorié et évalué : par exemple:

Dans la principale des chambres basses :

1° Une crémaillère, un gril, un tient poêle, une pelle à feu, une paire de pincettes, un chenet, un petit mauvais trois pieds, le tout estimé onze francs cinquante centimes ..11-50

2° Une salière en bois et le sel y contenu estimés ensemble à huit francs…………….8-00

3° Une lanterne, une lampe en fer blanc, deux chandeliers estimés quatre francs …..4-00

4° Deux poiles à frire, un coulour (grande passoire) en fer blanc, une petite casserole aussi en fer blanc, estimés ensemble six francs…………………………….…………. 6-00

Ils ne font grâce de rien ; par exemple :
" une pone cassée et cinq décalitres de mauvaises cendres estimés à …………..1,50 "

La famille, qui ne comporte plus alors que Marie Ravaud et ses six enfants dont deux sont encore mineurs, vit dans deux pièces séparées par un corridor.

La première qui est dite « principale chambre basse » et qui correspond sans doute à ce que l’on appelait la maison, comporte, comme meubles :
- une petite mauvaise table à pieds tournés » (1 F),
- une table en chêne ayant deux tiroirs » (12 F),
- un buffet à deux corps en bois de cerisier » (30 F),
- une pendule avec les cordes et poids » (10 F),
- une petite armoire en cerisier ayant deux portes, l’une par-dessus l’autre et un tiroir au milieu » (15 F),
- une petite armoire en cerisier à une porte et ayant un tiroir en dedans fermant à clef » (60 F),
- un coffre neuf en cerisier » (30 F),
- une autre armoire en cerisier ayant une porte et un tiroir en dedans, fermant à clé » (55 F),
- un vieux marche-pieds » (4 F)
- enfin 3 lits comportant, tous, leur « bois à quatre quenouilles, une paillasse », pour deux « une baillère », «une ou deux couettes », tous « deux traversins, deux draps, une couverture, tour rideaux et vergettes en fer »
Ce sont des lits avec des rideaux accrochés au plafond, ce qui permettait un minimum d’intimité, vu que plusieurs couples pouvaient coucher dans la même pièce ; de plus la maison et les chambres n’étant pas chauffées la nuit, les rideaux pouvaient protéger un peu du froid.



Il peut paraître surprenant qu’il y ait deux traversins par lit ; il n’était pas rare, quand la famille devenait nombreuse, de coucher 4 enfants par lit, deux à chaque bout.
On peut s’étonner aussi de la différence de prix entre la « petite armoire en cerisier ayant deux portes, l’une par-dessus l’autre et un tiroir au milieu », estimée 15 F et l’autre « petite armoire en cerisier à une porte et ayant un tiroir dedans fermant à clé » estimée 60 F
Est-ce la fermeture à clé du tiroir qui lui donne de la valeur ? Ce n’est pas impossible ; ce qui est en métal semble généralement estimé plus cher que le reste : nous avons ainsi
- deux poiles à frire, un coulour (grande passoire) en fer blanc, une petite casserole aussi en fer blanc, estimés ensemble six francs.
- et vaisselle en plats, pots, assiettes, terrines, saladiers, écuelles, soupières et autres, y compris une petite cruche en grès, le tout comprenant cinquante morceaux, estimés ensemble neuf francs.
- Nous avons de même « une marmite en fer et sa couverture estimées six francs » et « un grand trois pieds estimé la somme de huit francs. »

En résumé, dans la première pièce, on trouvait 2 tables, un banc, un buffet, une pendule à poids, 3 armoires, 3 lits et un vieux marche-pied. Il faut ajouter à cela 6 chaises. Il ne devait pas rester beaucoup d’espace libre le long des murs.

Dans l’autre chambre nous trouvons
o quatre vieux coffres,
o 2 grands lits avec quenouilles et rideaux
o et un lit d’enfant,
o une huche,
o deux tamis,
o une mauvaise table,
o un grand trois pieds,
o un mauvais meuble en bois appelé clisse (armoire grillagée sur les côtés servant de garde-manger) estimé deux francs,
o une ponne en terre, une pille à mil, un travouil ??,
o une sellette,
o et un tenailler ??

Il est intéressant de regarder le linge : la famille possède 36 draps, sans compter ceux qui sont dans les 5 lits, 12 nappes, 12 essuie-mains ; par contre simplement trois serviettes -on suppose serviettes de toilette - et trois taies d’oreillers ; pas de torchon pour essuyer la vaisselle, pas de serviette de table, pas de mouchoir à moins qu’ils ne fassent partie du linge personnel, qui n’entre pas dans l’inventaire.

Autre chose étonnante : l’inventaire parle de 30 cuillères d’étain, mais simplement de 6 fourchettes et ils sont au moins 7 personnes à vivre au Bois-Rousseau.

Dans le corridor qui sépare les deux pièces l’inventaire signale
o un garde-manger,
o une petite clisse,
o un peigne à lin,
o 3 barils (récipient en bois, en forme de petite barrique, pour emporter à boire dans les champs, pouvant contenir 2 ou 3 litres),
o 3 pots en bois à traire les vaches,
o un vieux crochet,
o 3 seaux ferrés,
o 2 buies ( cruches à anses),
o 4 chaudrons de fer, dont un grand et un petit chaudron en cuivre rouge,
o deux rappes à patate
o et environ 1 kg 500 de graisse appelée « ouin » (graisse pour les moyeux des roues des charrettes ; mot peut-être bien de la même famille que le verbe « oindre » ou le nom « onction » )

La ferme comporte 3 greniers : on y trouve
- 7 hectolitres de froment, partie en grains et partie en farine, estimés ensemble 224 F,
- 2 hectolitres 5 décalitres de jarosse (30 F),
- 2 décalitres 5 litres de vieille graine de lin, (3 F)
- 37 litres de farine de mil, (6 F)
- 15 kilogrammes de tête de lin, (3 F)
- 75 litres de mil, (12 F)
- un baquet et 30 kilogrammes de raisiné (espèce de confiture de raisin), (6 F)
- 47 botteaux de lin, (75 F) (petites bottes)
- environ 50kg d’autres têtes de lin et d’étoupe, (10 F)
- 2 charniers avec environ 40 kg de lard salé, (45 F)
- 35 litres d’eau de vie, (36 F)
- 3 décalitres de fruits melés (on passait les fruits au four pour mieux les conserver, un peu comme les pruneaux d’Agen), (2 F)
- 15 kg de laine (60 F)

Ainsi à cette époque les principales productions sont le froment, le mil, la jarosse, le lin ; on n’y voit pas d’haricot blanc, alors qu’au début du 20ème siècle, dans les fermes, ce sera la nourriture de base, la « mogette » étant alors aux trois repas sur la table. Est-ce que la jarosse à cette époque ne jouait pas le rôle de la mogette dans la nourriture? Il y en a encore 250 litres au début juin.
Il est intéressant de constater l’importance du mil dans la nourriture (37 litres de farine de mil, 75 litres de mil) De même au 2 juin nous avons 40 kg de lard salé, également 30 litres de fruits melés et 30 kg de raisiné alors que nous sommes déjà à l’époque des fruits. Par contre pas question de jambon.

Comme matériel dans ces greniers :

- Un moulin à vanner (45 F)
- 66 sacs à blé (64 F)
- 4 grêlles (cribles) dont un en fil de fer (5 F)
- 4 fûts de boisseau dont un à la nouvelle mesure (12 F)
- 2 bourgnes (grand récipient en paille tressée avec des ronces, comme les paillons),
- 20 paillons,
- 10 paniers en osier et 3 paniers d’emballage (11 F)
- un chaudron d’airain (cuivre jaune) (30 F)
- une pompe à vin en fer blanc (5 F)
- 120 fûts de bouteilles (18 F)
- un rouet à filer la laine (2 F)
- une bourole (2 F) (sorte de muselière pour les bœufs)
- 10 fléaux à battre le blé et une pelle en bois (4 F)

On nous signale aussi dans une petite pièce qui donne sur la cour
- 3 kg de plume d’oie (15 F)
- et une ponne cassée et 5 décalitres de mauvaise cendre (1 F 50) (on gardait la cendre pour la lessive ; on mettait le linge à tremper dans des ponnes avec de la cendre)






Dans le cellier nous trouvons :

- 10 barriques de vin de pays estimés, fûts et vin, à la somme de 400 FR (et nous ne sommes plus qu’à quatre mois des vendanges)
- 10 fûts de barrique, 6 basses (grands récipients pour mettre la vendange) et un entonnoir (32 F)
- 1 petit barriquot avec quelques litres de vinaigre estimés à 2 FR
- 5 hectolitres de noir animal (45 F)
- 2 câbles (5 F)



Le cheptel comprend:

o 20 poules et 4 oies estimées à 15 F
o 6 bœufs estimés ensemble à 1 600 F
o 2 autres bœufs de 3 ans estimés à 420 F
o 3 veaux de 2 ans estimés à 400 F
o 4 veaux d'un an estimés à 300 F
o 4 vaches avec leurs veaux de l'année estimée 500 F
o 22 ouailles et 18 agneaux, le tout estimé 240 F
o 2 jeunes gorets estimés ensemble 52 F
o 2 juments et un petit poulain de l'année, plus une selle et une bride et un vieux manteau ? ( peut-être bien couverture que l’on mettait sur le cheval en hiver, après une longue course, les jours de foire ou le dimanche pendant la messe) estimé 750 F

Ainsi il n'y a que 4 vaches, mais 8 bœufs ; les bœufs sont estimés à un prix beaucoup plus fort que les vaches. Pour un bœuf il faut compter plus de 250 F, alors qu'une vache avec son veau de l'année n'est estimée que 125 F.

Evidemment à cette époque on ne met pas l'accent sur l'élevage ; Marie Ravaud a 8 bœufs et 2 juments parce qu’ils lui permettent de travailler la terre ; les vaches sont là pour le lait et pour avoir des veaux en vue soit de les vendre, soit de remplacer les bœufs et les vaches ; on achète le moins possible ; pas de taureau pour la reproduction ; sans doute pour 4 vaches, on allait chez le voisin qui avait peut-être davantage les moyens. Pas de truie non plus ; on élève deux jeunes gorets en vue de les tuer pour les manger ; au 2 juin la famille possède encore 40 kg de lards salés ; pas de congélateur, mais on conserve la viande dans le sel. Enfin l’inventaire ne parle pas de lapin : sans doute n’était-il pas nécessaire d’en élever ; il y en avait assez dans la nature ; le propriétaire n’habitant pas sur place, il était facile de braconner .


Maintenant un coup d’œil au matériel agricole :

- 4 socs (32 F)
- 5 coutres (12 F)
- 5 pelles de fer dont 2 mauvaises (7 F)
- 3 tranchés (6 F)
- 4 pics (8 f)
- 2 truants (2 f 50)
- 4 bêches (5 F)
- 3 binochons,
- 2 ratelettes,
- 1 râteau fauchit ? à dents de fer (le tout 4 F)
- 2 fourches de fer à 3 doigts et 5 à 2 doigts (le tout 9 F)
- 1 fraise ?,
- une levière (barre de fer pour faire levier ou pour creuser des trous en terre) (5 F)
- 4 coins de fer (8 F) (pour fendre les buches)
- 2 forges à battre les faux et 4 petits marteaux (5 F)
- 2 haches et un tétreau (9 F)
- 4 vrilles (4 f)
- 1 bédane, 1 ciseau en bois (sic, sans doute un ciseau à bois), 1 virbrequin (sic, sans doute un vilebrequin), 1 couteau à deux manches (2 F 50)
- 7 serpes et un volant (10 F)
- 1 herminette, 1 godran (grande scie pour couper les troncs d’arbre), 1 feuillet (scie pour couper les rondins) (le tout 9 F)
- 5 dails (faux) et un fauchet avec faux manche, bottes et serres, plus 5 pierres à aiguiser (le tout 20 F)
- 3 serpes à tailler la vigne (1 F 85)
- 10 faucilles (6 F)
- un lot de ferraille (6 F)
- 1 meule à aiguiser et son brassail en fer (6 F)
- 4 provillières (13 F)
- 2 brioches (10 F) (instrument servant à briocher le lin pour séparer la filasse de son écorce)
- 1 brouette et 2 civières (3 F 50)
- 1 petit lot de bois de sciage en cerisier (20 f)
- 1 pressoir avec ses ustensiles et un bail appelé charreteau (105 F)
- 3 charrettes (500 F)
- 2 timons de charrette (18 F)
- 2 charrues à labourer et 3 applats de labourage (35 F)
- jougs et courroies (15 F)
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