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Un rossignol chantait PDF Imprimer Envoyer
Écrit par WEBMASTER TROOSPEANET   
Samedi, 16 Juillet 2005 21:21

Une critique écrite par Simone - L’oeuvre de Michel Ragon n’est plus à présenter. Qui n’a pas lu les inoubliables Mouchoirs rouges de Cholet, ou L’accent de ma mère, Ma soeur aux yeux d’Asie , Enfances vendéennes , etc ? Peut-être une autre fois en parlerons-nous ensemble.

 

Aujourd’hui, en fouillant dans la collection du Livre de poche, chez mon libraire préféré à Challans, je suis tombée sur le numéro 15491, au titre plaisant : Un rossignol chantait. Je la connais la chanson ! Combien de fois, avec ma soeur, avons-nous enchaîné les couplets en rêvant au "jardin de mon père", nous, petites citadines qui ne pensions qu’à retrouver ces espaces, cette verdure, ces fleurs et ces horizons dans notre Vendée des grandes vacances !

Une fois le livre ouvert, on ne le laisse plus. Qui ne s’est jamais posé de questions au sujet de ses grands-parents ? Dans quelles conditions vivaient-ils ? Avec quels moyens ? Dans quels lieux ? Avec qui ? Pourquoi ? Qui peut répondre ? Un peu de modestie nous apprend qu’on ne se met pas si facilement que cela à la place des autres, encore moins quand ils vivaient au début du XX ème siècle. Que dire de ce grand-père "enfant trouvé, vieillard perdu", qui est parti, emportant avec lui l’énigme de son origine ? C’est le désespoir assuré de tout généalogiste pointilleux. Il est pourtant si sympathique le "père Constant" ! Heureusement portant qu’à côté de lui veillait la vaillante Léonie, qui éleva son petit-fils.

Toute l’histoire est là : un enfant dont le père meurt très rapidement se retrouve élevé par sa mère chez les parents de celle-ci, qui peu à peu tombent dans la misère. Aujourd’hui, on en ferait le départ d’une analyse sur l’absence du père, l’autorité de la grand-mère, le rôle de l’argent, que sais-je ?... Et la tendresse ? La tendresse efface tous les mauvais sentiments, toutes les tentatives de vengeance parce qu’il vaut mieux garder des êtres ce qu’ils nous ont donné que ce qu’on croit qu’ils nous ont refusé. Et c’est ce que nous construit une enfance, moment essentiel, qui un beau jour "se déchire, et on aperçoit l’autre versant de la vie, ses labyrinthes, ses chambres obscures, ses larmes. Un monde sanguinolent, tremblotant, sanglant, pisseux. Le monde, quoi."

Heureusement, il y a aussi le rêve, la chanson de cette petite fille, restée la belle inconnue, la voix du bonheur sans doute inaccessible mais inoubliable, au delà d’un quotidien sans espoir. A-t-elle même existé ? Et que reste-t-il de ces "pauvres gens (gens pauvres)" , sinon le constat inévitable : " Dans le jardin de mon père, les lilas sont défleuris" ?

Puisqu’il n’en reste aucune de trace, pas même au cimetière, il fallait que tout cela soit dit, écrit, une dette d’amour, en somme.

Simone

Mise à jour le Samedi, 19 Septembre 2009 21:22
 

Commentaires

avatar mélusine
+12457
 
 
Livre magnifique, effectivement dès qu'on commence la lecture on le termine d'une traite,j'ai tant aimé cette histoire;
vendredi 04 juillet 2008, 22:30
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